Jacques Tourneur (1904-1977)
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Jacques Tourneur (1904-1977)
Jacques Tourneur fut l'un des plus brillants réalisateurs de serie B de son époque. Lesté le plus souvent de budgets modestes, il sut toujours en tirer parti au mieux, avec un talent, un sens visuel rare dans ce type de productions. Ayant tâté de tous les genres, du policier au western, du film d'aventure au péplum, il ne fut jamais autant inspiré que par le genre fantastique, dont il tourna quatre films devenus tous des classiques, dont son chef-d'oeuvre : Cat People (La Féline) en 1942.
On sait peu de choses de l'homme, qui était d'une discrétion et d'une modestie, mais ses films parlent pour lui.
Il est le poète du clair-obscur. En effet, peu de cinéastes ont autant joué avec l'ombre et la lumière. Le noir et le blanc est son terrain de prédilection, le style de sa prose visuelle faites de suggestion, d'ellipses, de non-dits. Chez lui, pas de créatures caoutchouteuses évoluant dans des décors de carton pâte. C'est ce qui explique que, contrairement à tant d'autres, ses films peuvent encore se regarder à l'heure du numérique sans que le spectateur blasé esquisse un sourire, voir éclate de rire.
Revenons particulièrement sur Cat People, qui reste pour moi LE plus beau film fantastique que j'ai eu l'occasion de voir. Pas le plus effrayant, certes, mais le plus beau. Rappelons qu'il fut tourné pour la somme dérisoire de 130.000 dollars, qu'il en rapporta un million (ce qui en fait un des films les plus rentables de l'histoire du cinéma avec le contemporain Blair Witch) et dépassa le record d'exclusivité de Citizen Kane (rien de moins) en gardant l'affiche durant 13 semaines.
Au passage, il sauva la RKO de la faillite.
Mais ce serait faire injure à ce film que de le réduire à une série de chiffres, même si l'anecdote vaut la peine d'être mentionné.
Cat People est avant tout un poème sur la toile de nos nuits blanches, sans voir dans ce terme de "poème" un signe quelconque de prétention car le film est accessible à tous. Son histoire est simple sans être simpliste, sa réalisation, quoique constamment inventive, ne verse pas dans les artifices pédants qui se voudraient "artistiques".
Qu'on se laisse immerger dans cette atmosphère d'une noirceur et d'une sensualité comparable à la panthère qui tourne dans sa cage du zoo de Central Park, inlassablement, aussi forte et vivante que peut l'être le film encore aujourd'hui. Comme tous les chefs-d'oeuvre.
FILMOGRAPHIE fantastique de Jacques Tourneur
1942 - La Féline (Cat People)
1943 - Vaudou (Walked with a zombie)
- L'homme léopard (The leopard man)
1957 - Rendez-vous avec la peur (Curse of the demon)
A noter aussi : La griffe du passé (Out of the past) de 1947, un polar à la Raymond Chandler mais qui baigne dans une atmosphère proche du fantastique et de l'onirique.
On sait peu de choses de l'homme, qui était d'une discrétion et d'une modestie, mais ses films parlent pour lui.
Il est le poète du clair-obscur. En effet, peu de cinéastes ont autant joué avec l'ombre et la lumière. Le noir et le blanc est son terrain de prédilection, le style de sa prose visuelle faites de suggestion, d'ellipses, de non-dits. Chez lui, pas de créatures caoutchouteuses évoluant dans des décors de carton pâte. C'est ce qui explique que, contrairement à tant d'autres, ses films peuvent encore se regarder à l'heure du numérique sans que le spectateur blasé esquisse un sourire, voir éclate de rire.
Revenons particulièrement sur Cat People, qui reste pour moi LE plus beau film fantastique que j'ai eu l'occasion de voir. Pas le plus effrayant, certes, mais le plus beau. Rappelons qu'il fut tourné pour la somme dérisoire de 130.000 dollars, qu'il en rapporta un million (ce qui en fait un des films les plus rentables de l'histoire du cinéma avec le contemporain Blair Witch) et dépassa le record d'exclusivité de Citizen Kane (rien de moins) en gardant l'affiche durant 13 semaines.
Au passage, il sauva la RKO de la faillite.
Mais ce serait faire injure à ce film que de le réduire à une série de chiffres, même si l'anecdote vaut la peine d'être mentionné.
Cat People est avant tout un poème sur la toile de nos nuits blanches, sans voir dans ce terme de "poème" un signe quelconque de prétention car le film est accessible à tous. Son histoire est simple sans être simpliste, sa réalisation, quoique constamment inventive, ne verse pas dans les artifices pédants qui se voudraient "artistiques".
Qu'on se laisse immerger dans cette atmosphère d'une noirceur et d'une sensualité comparable à la panthère qui tourne dans sa cage du zoo de Central Park, inlassablement, aussi forte et vivante que peut l'être le film encore aujourd'hui. Comme tous les chefs-d'oeuvre.
FILMOGRAPHIE fantastique de Jacques Tourneur
1942 - La Féline (Cat People)
1943 - Vaudou (Walked with a zombie)
- L'homme léopard (The leopard man)
1957 - Rendez-vous avec la peur (Curse of the demon)
A noter aussi : La griffe du passé (Out of the past) de 1947, un polar à la Raymond Chandler mais qui baigne dans une atmosphère proche du fantastique et de l'onirique.

Cryptide- Maître Jedi
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La féline (Cat people) - Jacques Tourneur (1942)
A New York, Irina Dubrovna, une jeune modeliste, est persuadée d'être la descendante d'une race de femmes-monstres qui se transforment en panthères quand elles perdent leur virginité. Oliver Reed, un architecte naval, tombe amoureux d'elle. Il tente de la convaincre que ses craintes sont sans fondement et la demande en mariage...
Un film remarquable, indispensable ! Tout est dans la sugestion, dans les ombres, dans le son. Le bruissement des feuilles dans les arbres, le bruit de talons sur le bétume, une femme apeurée dans une piscine. Et cette femme envoutante, terrifiée ! Un incontournable dont le remake, tout à fait acceptable de Paul Schrader, ne possède néanmoins pas la qualité esthétique et subjective de Jacques Tourneur.
Voir le trailer :
Dernière édition par le Ven 21 Déc - 10:25, édité 2 fois

Erwelyn- Ambassadrice martienne
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L'homme-léopard (The leopard man) - Jacques Tourneur (1943)
Comme dans La féline, un animal disparaît… et les meurtres commencent. Le climat d'épouvante et d'envoûtement se nourrit d'une description "innocente" de la vie quotidienne.
Je n'ai pas encore vu ce film
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Dernière édition par le Ven 21 Déc - 10:25, édité 1 fois

Erwelyn- Ambassadrice martienne
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L'homme-léopard (The leopard man) - Jacques Tourneur (1943)
J'aime bien la séquence ou la "pauvre biche" égarée et fragile (bonjour le cliché) c'est à dire la femme moyenne, en plein dans son activité représentative c'est à dire la mise en forme de sa beauté, en laisse tomber son rouge à lèvre et son fard à paupières !


Theyrani- Scaythe d'Hyponéros
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La féline (Cat people) - Jacques Tourneur (1942)
Par contre, la Féline... j'avoue que j'aimerais bien voir le film. ça m'a l'air bien fichu.

Theyrani- Scaythe d'Hyponéros
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Re: Jacques Tourneur (1904-1977)
C'est vrai que le trailer de Cat People est mieux fait que celui de L'homme-léopard, qui ne rend pas justice au film en choisissant des scènes assez clichées (la femme qui hurle à tout bout de champ
) Mais bon... à l'époque, les bandes-annonces (qui plus est de films fantastiques) en faisaient souvent trop 


Cryptide- Maître Jedi
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Re: Jacques Tourneur (1904-1977)
La malédiction des hommes-chats (1944)

Un film qui, je vous rassure, vaut bien mieux que son titre, choisi pour des raisons commerciales et qui n'a rien à voir avec son contenu. Je cherchais à le voir depuis pas mal de temps et l'occasion vient enfin de m'être donnée de le trouver en DVD.
Petite explication préalable : ce film n'a pas été réalisé par Tourneur mais par Robert Wise - dont c'était la première réalisation - mais il me semble avoir sa place ici car il s'agit d'une suite à Cat People - encore que suite n'est sans doute pas le mot approprié car l'histoire est très différente, le ton aussi. Ce qui rapproche les deux films est qu'on y retrouve l'essentiel des personnages (et acteurs) de Cat People, y compris Simone Simon (Irena).
L'histoire : après les tragiques événements du premier film, Oliver et Alice se sont mariés et ont une petite fille, Amy. Ils ont quitté New-York pour la campagne. Mais Amy est une enfant rêveuse, rejetée par ses camarades, et préfèrant vivre dans son imaginaire enfantin, ce qui inquiète son père qui voit ressurgir dans les fantasmes de sa fille ceux d'Irina.
Un jour que la fillette se trouve près d'une vieille maison habitée par une étrange locataire, celle-ci lui offre une bague censée exaucer les voeux. Amy souhaite alors avoir une amie pour combler sa solitude. Lui apparaît alors Irena. Est-elle revenue de l'au-delà ou s'agit-il à nouveau du fruit de l'imagination fertile de l'enfant ?
Comme je l'ai dit, le ton et l'ambiance de ce film est nettement différent de Cat People. Même si le DVD le présente comme un film d'épouvante, on est ici plus proche du merveilleux, du conte de fées. On y trouve bien quelques scènes inquiétantes (notamment celles se déroulant dans la vieille maison) mais on est cependant loin de la noirceur du film de Tourneur. Irena elle-même est bien différente, personnage éthéré et positif, étrangement dégagée de la malédiction qui la frappait. C'est un des aspects du film qui renforce l'ambiguité de cette "suite" : est-ce la même Irena ou une version fantasmée ?
Quoiqu'il en soit, Wise a réalisé un film qui ne démérite pas par rapport à l'original - même si un peu moins fascinant à mon goût. On y retrouve le soin apporté à la photographie, le jeu entre ombres et lumières (voir les très belles scènes au moment où Irena apparaît dans le jardin) et une poésie équivalente.
De plus, le film est aussi une réflexion sur les rapports entre le monde prosaïque des adultes et l'imaginaire enfantin.
De la belle ouvrage.

Un film qui, je vous rassure, vaut bien mieux que son titre, choisi pour des raisons commerciales et qui n'a rien à voir avec son contenu. Je cherchais à le voir depuis pas mal de temps et l'occasion vient enfin de m'être donnée de le trouver en DVD.
Petite explication préalable : ce film n'a pas été réalisé par Tourneur mais par Robert Wise - dont c'était la première réalisation - mais il me semble avoir sa place ici car il s'agit d'une suite à Cat People - encore que suite n'est sans doute pas le mot approprié car l'histoire est très différente, le ton aussi. Ce qui rapproche les deux films est qu'on y retrouve l'essentiel des personnages (et acteurs) de Cat People, y compris Simone Simon (Irena).
L'histoire : après les tragiques événements du premier film, Oliver et Alice se sont mariés et ont une petite fille, Amy. Ils ont quitté New-York pour la campagne. Mais Amy est une enfant rêveuse, rejetée par ses camarades, et préfèrant vivre dans son imaginaire enfantin, ce qui inquiète son père qui voit ressurgir dans les fantasmes de sa fille ceux d'Irina.
Un jour que la fillette se trouve près d'une vieille maison habitée par une étrange locataire, celle-ci lui offre une bague censée exaucer les voeux. Amy souhaite alors avoir une amie pour combler sa solitude. Lui apparaît alors Irena. Est-elle revenue de l'au-delà ou s'agit-il à nouveau du fruit de l'imagination fertile de l'enfant ?
Comme je l'ai dit, le ton et l'ambiance de ce film est nettement différent de Cat People. Même si le DVD le présente comme un film d'épouvante, on est ici plus proche du merveilleux, du conte de fées. On y trouve bien quelques scènes inquiétantes (notamment celles se déroulant dans la vieille maison) mais on est cependant loin de la noirceur du film de Tourneur. Irena elle-même est bien différente, personnage éthéré et positif, étrangement dégagée de la malédiction qui la frappait. C'est un des aspects du film qui renforce l'ambiguité de cette "suite" : est-ce la même Irena ou une version fantasmée ?
Quoiqu'il en soit, Wise a réalisé un film qui ne démérite pas par rapport à l'original - même si un peu moins fascinant à mon goût. On y retrouve le soin apporté à la photographie, le jeu entre ombres et lumières (voir les très belles scènes au moment où Irena apparaît dans le jardin) et une poésie équivalente.
De plus, le film est aussi une réflexion sur les rapports entre le monde prosaïque des adultes et l'imaginaire enfantin.
De la belle ouvrage.

Cryptide- Maître Jedi
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Re: Jacques Tourneur (1904-1977)
Je ne m'étais jamais vraiment intéressée à cette suite que je ne connaissais pas. Je vais surveiller une éventuelle diffusion sur nos chaîne.
Merci pour cette belle présentation.
Merci pour cette belle présentation.

Erwelyn- Ambassadrice martienne
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Re: Jacques Tourneur (1904-1977)
Et après, il y aura une interro écrite
Moi, je m'en fiche, j'ai le film en DVD, na !
Moi, je m'en fiche, j'ai le film en DVD, na !


Cryptide- Maître Jedi
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Re: Jacques Tourneur (1904-1977)
Erwelyn a écrit:La féline passe sur FX
Diffusion demain 12 mars à 21h
Je n'ai pas la chaine mais je me fais du mal toutes les semaines en regardant ses programmations dans mon hebdo


Céline MH- Maîtresse des jeux
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