Puces - Théodore Roszak (1981)

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Puces - Théodore Roszak (1981)

Message par Cryptide le Jeu 1 Mai - 14:58




Quatrième de couverture :
Heller avait voulu disposer du plus gros ordinateur de l'histoire afin de tout mettre en mémoire, de tout savoir et de tout prévoir.
Pour y parvenir, il avait relié entre eux tous les ordinateurs de l'Amérique.
Seulement, ce réseau, au lieu de produire de l'information, avait commencé à produire des puces.
Non pas des micro-processeurs, ni même des insectes, mais des sortes de bestioles toutes blanches, toutes plates, minuscules, innombrables, indestructibles, informatiques et métaphoriques, et qui étaient capables de dévorer n'importe qui ou n'importe quoi en un rien de temps.
Les puces habitaient le réseau, et comme le réseau s'étendait partout, il n'y avait aucun moyen de leur échapper.
A moins de débrancher le réseau.
Ce qui, Heller le savait, était devenu tout à fait impossible...

Arrow Dans ce roman (qui extrapole en passant notre Internet actuel), la catastrophe naît d'un malentendu entre le discours métaphorique de l'adulte et la perception au premier degré de l'enfant. En effet, c'est en allant visiter avec sa classe un centre informatique qu'une fillette entend leur guide affirmer que les ordinateurs sont composés de puces. L'enfant pense alors à ces petites bêtes inquiétantes qui piquent. Hors, cette fillette n'est pas une enfant comme les autres. A l'insu de tous, elle possède des pouvoirs psy. Sa vision fantasmatique des composants informatiques aura pour conséquence la matérialisation de milliards de "puces" agressives qui envahissent les ordinateurs puis le monde, dévorant tout sur leur passage. Mais comment combattre des créatures qui, bien que tangibles, sortent de l'imagination traumatisée d'une gamine ?

A travers ce scénario de fin du monde, Roszak pointe du doigt une société qui sacrifie tout à une technologie de plus en plus présente censée diriger nos vies. Refrain bien connu de la SF. Mais ce qui rend Puces si différent, c'est que la menace ne vient pas tant de la technologie elle-même (thème classique de la machine qui se rebelle) mais de l'incompréhension que cette technologie suscite chez une fillette qui, nous l'apprenons plus tard au cours de l'histoire, a été élevée dans une communauté qui prône le retour à la nature et à des rites ancestraux.
De ce fait, le roman confronte deux conceptions de la vie opposées : une mécaniste et une naturelle. Pour autant, même si son auteur n'hésite pas à privilégier la seconde, on peut rester sceptique face à son message (c'est mon cas) où le bonheur devrait forcément passer par l'éradication des acquis de la civilisation technologique et le choix de courir tout nu dans les prés en psalmodiant des incantations au dieu Pan. C'est l'aspect le plus discutable de ce roman un peu trop "baba" à mon goût dans certaines parties. Mais l'intérêt de "Puces" est ailleurs car, il faut bien le dire, au-delà de tout ce contenu philosophique sous-jacent, le roman de Roszak reste avant tout un bon roman-catastrophe, un roman d'épouvante même (certaines scènes décrivant les attaques des "puces" étant tout de même assez gratinées) qui pourra emporter l'adhésion de l'amateur de sensations fortes.
Et puis, la menace, ici, est tout de même plus originale que celle d'un bataillon de fourmis géantes radioactives qui ont fait le bonheur des séries B des années 50.

Cryptide
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