Hollywood Blues - Kim Newman (2006)

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Hollywood Blues - Kim Newman (2006)

Message par Cryptide le Sam 21 Juin - 18:47



Quatrième de couverture :
"Il était deux heures et demie du matin et il pleuvait. Dans la Ville, il était toujours deux heures et demie du matin et il ne cessait de pleuvoir."
Imaginez une réalité virtuelle créée à partir de tous les films noirs de Hollywood des années quarante et cinquante. Imaginez maintenant que son créateur ne soit autre que Truro Daine, le plus grand truand de toute l'histoire de l'humanité. Et si son corps est enfermé en prison à perpétuité, son esprit n'en a pas moins pris la poudre d'escampette dans la Ville où il règne en maître. Tom Tunney et Susan Bishopric, deux créateurs de Rêves, infiltrent la Ville, incarnés en émules de Humphrey Bogart et de Gene Tierney. Leur mission : abattre Daine, l'homme capable de plier la réalité à sa volonté. Heureusement qu'ils connaissent leurs classiques...


Arrow Voilà un polar SF/ SF polar (un de plus pour la liste d'Erwelyn) qui avait de quoi faire saliver l'amateur de vieux films noirs des années 40 et 50 que je suis. Et je n'ai pas été déçu, tout y est : ambiance nocturne et pluvieuse permanente, détective, femmes fatales, grands et petits caïds, crieurs de journaux, temples exotiques, etc... On pourrait d'ailleurs se demander si cette histoire de réalité virtuelle n'est pas qu'un prétexte pour faire revivre les stéréotypes d'un genre (et du coup, pourquoi ne pas plutôt lire un "vrai" roman noir plutôt qu'un erzatz vaguement SF ?).
Et bien, ce n'est pas tout à fait le cas. Certes, le roman utra-référencé de Newman (pas Paul mais Kim) est déjà un plaisir en soi mais la partie purement SF n'est pas en reste. Car au-delà du contexte virtuel, on découvre une société futuriste qui n'est pas sans intérêt, un monde gouverné par une intelligence artificielle qui régente presque tout, et où le rêve est désormais un Art qui compte ses spécialistes (Tom Tuney et Susan Bishopric par exemple) mais aussi un domaine privé soumis à des règles juridiques strictes.
Par ailleurs, l'autre intérêt du roman est sa manière de jouer avec les clichés du polar tout en gardant une sorte de vision extérieure qui surplombe l'action, se permet même de la commenter, ce qui crée un décalage bienvenu, une sorte de clin d'oeil post-moderniste sans lequel tout ce fatras de poncifs éculés risquerait d'ennuyer. Sans oublier que la dernière partie du roman nous entraîne dans une direction inattendue vers un univers toonesque qui en déconcertera plus d'un.
Moins ambitieux et réflexif que les romans d'un Christopher Priest sur la réalité virtuelle, Hollywood Blues séduit malgré tout par son côté plus "fun". Je préciserai toutefois que, le roman étant truffé de clins d'oeil aux vieux films noirs, une assez bonne connaissance de ceux-ci ajoute au plaisir qu'on peut y prendre.

C'est un peu comme si le capitaine Picard nous permettait de passer une journée entière dans l'Holodèque.
Imaginez un peu !

Cryptide
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