Yapou, bétail humain - Shozo Numa (1956)
Page 1 sur 1•
Yapou, bétail humain - Shozo Numa (1956)
Yapou, bétail humain Shozo Numa trad. de Sylvain Cardonnel3 vol. Ed. Désordres
L'histoire
Un vaisseau spatial chute sur Terre, dans les années 196X, près d’un jeune couple (une Allemande et un Japonais). Après avoir porté secours à son occupante, ceux-ci entreprennent un voyage dans le temps pour rejoindre EHS, découvrant un univers dominé par une noblesse blanche d’origine germanique régie par les femmes, qui ont asservi les Yapous, voués à satisfaire leurs besoins et idolâtrer les Blancs. Ce voyage mènera à la transformation du jeune Japonais en Yapou au service de son ancienne fiancée, désormais membre de la noblesse d’EHS.
Reprenant la tradition de Jonathan Swift et du voyage fictif, cette dystopie délirante, marquée par une feinte érudition et de constantes adresses au lecteur, représente la quintessence littéraire de la détestation de soi des Japonais traumatisés par l’Histoire. Yapou décrit un monde total, traversé par un humour noir et grinçant, où tout, de l’organisation sociale aux gadgets technologiques, en passant par le système philosophique et idéologique, est scrupuleusement répertorié. Grand texte du masochisme, hanté par les notions d’impérialisme, de suprématie raciale, d’eugénisme, de domination sexuelle, Yapou a été honni par le Japon d’après-guerre. (source : ed. Désordres)
L’auteur décrit minutieusement toute l’organisation sociale que découvrent les deux spationautes, reposant sur une idéologie fasciste, raciste et masochiste, où les asiatiques sont considérés comme des animaux à usage scatologique, puisqu’ils vont jusqu’à servir de toilettes aux femmes du monde. Véritable encyclopédie de la vie sur cette planète, cette fresque raconte également comment l’astronaute japonais se transforme petit à petit en Yapou. Cette contre-utopie masochiste et délirante, pleine d’un humour grinçant proche de celui de Swift fut détestée par les japonais à sa parution, puis connut un immense succès, jusqu’à même être adaptée en manga. La véritable identité de l’auteur, Shozo Numa, est restée longtemps inconnue, mais récemment, il a avoué s’appeler Tetsuo Amano et avoir été le premier éditeur de Yapou, bétail humain, au début des années 70. (source : Mauvais genres)















